Dans le cadre d’un appel à projet du Fonds d’intervention maritime, l’Institut océanographique Paul Ricard a mené pendant deux ans un projet sur les potentiels de la bioremédiation pour le développement d’une aquaculture durable sur la façade méditerranée. Ce projet s’est divisé en deux phases :
– Une étude réglementaire, économique et scientifique sur le potentiel en Région Provence Alpes-Côte d’Azur de la bioremédiation des biodéchets, en lien avec la filière insectes pour l’alimentation des poissons d’élevage ;
– Une expérimentation scientifique aquacole en lien avec la Criée d’Agde sur l’utilisation des co- et sous-produits de pêche comme aliment pour la pénéiculture.
Objectifs du projet :
Objectif 1 : Etudier la bioremédiation et ses pistes d’innovation en Région PACA Cette étude porte sur : – L’état de la filière de la gestion des biodéchets – Les acteurs clefs du territoire – Le potentiel de développement et d’innovation – La législation en matière de valorisation par la bioremédiation
Objectif 2 : Etude de la valorisation des co- et sous-produits de pêche La filière pêche fait aujourd’hui face à une gestion difficile des co- et sous-produits de pêche, dont la gestion à terre a été rendue obligatoire par l’Union européenne en 2019. Le projet vise ainsi à : – Etudier les réglementations européennes et françaises en matière d’utilisation de co- et sous-produits de pêche – Proposer une solution de valorisation des co- et sous-produits de pêche en pénéiculture – Etudier le potentiel de développement économique et d’impacts environnementaux positifs pour les Criées et acteurs de la filière
Actions réalisées :
- Réunion de concertation sur les enjeux territoriaux et nationaux :
Le 18 avril 2023, une réunion stratégique est organisée par l’Institut sur le littoral varois, réunissant les parties prenantes régionales et nationales autour des enjeux de souveraineté alimentaire et de production aquacole durable, en lien avec l’aquaculture.
- Etude sur le potentiel de bioremédiation en région Sud :
Cette étude, « Vers une aquaculture durable en méditerranée : enjeux, limites et solutions circulaires » a été en partenariat avec Vertigolab. Cette étude a été réalisée grâce à des enquêtes terrain, du phoning, de la bibliographie et de la synthèse de données. Cette étude s’intéresse au contexte de la mise en place d’action de bio remédiation, mais également aux pistes concrètes et aux moyens nécessaires pour le passage à l’échelle.
- Expérimentation de bio remédiation dans la plateforme de recherche :
Plusieurs programmes ont été menés et portés au sein de la plateforme expérimentale.
- Travail sur la valorisation des co-produits par une espèce détritivore : la crevette bouquet
La mise en place d’une telle filière montre un potentiel énorme.
Avantages environnementaux :
- Réduction du gaspillage : En utilisant les coproduits halieutiques et les sous-produits, on évite leur élimination en tant que déchets, ce qui réduit le gaspillage alimentaire et diminue la pression sur les sites d’enfouissement ou les installations de traitement des déchets.
- Utilisation des nutriments : Les co-produits halieutiques et les sous produits peuvent être transformés en engrais ou utilisés dans la production de compost. Cela permet de recycler les nutriments essentiels présents dans ces matériaux et de les réintroduire dans les cycles biologiques.
- Réduction de la pression sur les ressources marines : En valorisant les co-produits halieutiques et les sous-produits, on peut réduire la dépendance à l’égard des ressources marines pour certaines applications. Cela contribue à préserver les populations de poissons et à préserver l’équilibre des écosystèmes marins.
- Réduction de l’empreinte carbone : La valorisation des co-produits halieutiques et des sous-produits peut contribuer à réduire l’empreinte carbone de l’industrie halieutique en évitant la production de déchets qui nécessiteraient une élimination coûteuse et énergivore.
Avantages économiques :
- Valorisation des ressources : Les coproduits halieutiques et les sous-produits permettent d’exploiter de manière optimale les ressources de l’industrie halieutique en évitant le gaspillage. Ils offrent une source supplémentaire de revenus pour les entreprises, en transformant des parties souvent considérées comme des déchets en produits valorisables.
- Diversification des produits : En transformant les coproduits halieutiques et les sous-produits, il est possible de développer une gamme diversifiée de produits. Cela crée de nouvelles opportunités commerciales et favorise l’innovation dans l’industrie alimentaire, la cosmétique, la santé animale, etc.
- Création d’emplois : La valorisation des co-produits halieutiques et des sous-produits peut contribuer à la création d’emplois dans les secteurs de la transformation, de la recherche et du développement, de la commercialisation, etc. Cela favorise le développement économique local et régional.
Dans la continuité de ce programme de recherche, d’autres projets ont été développés explorant d’autres pistes répondant aux mêmes problématiques :
- Travail sur la mise en place d’aliment d’aquaculture innovant : proies vivantes (copépodes), farine d’insecte. Recherche, développement et expérimentation de nouveaux protocoles et technologies pour l’élevage d’espèces marines innovantes, notamment à travers le recours à des systèmes d’alimentation naturels, tels que le plancton, à utiliser aussi bien pour l’enrichissement des régimes alimentaires déjà utilisés. L’introduction de méthodes de production durables contribuera à réduire l’impact écologique du système actuel de production de poissons (pêche et aquaculture) dans la Méditerranée. Mise en place d’installation pour la production de phytoplancton et test de croissance sur des individus juvéniles
- Travail sur les éponges : un organisme marin capable de fixer les pollutions marines Mené par l’Institut océanographique Paul Ricard, en collaboration avec Cypreos et le Hellenic Center for Marine Research, le projet s’est intéressé à plusieurs phases : Identification des conditions d’élevage et évaluation du potentiel de développement de la filière Étude des capacités de bioremédiation des éponges Les expérimentations menées à l’IOPR portent sur deux espèces (Spongia officinalis et Hypospongia communis) afin de déterminer les conditions optimales de croissance dans un environnement contrôlé.



